L’histoire de la sirène en colère


Image by Polyp

La sirène, statue et icône de Copenhague, est en colère. Sa ville héberge des négociations climatiques internationales cruciales, mais des milliers de représentants de l’industrie prévoient d’y participer – et la plupart d’entre eux ne souhaitent pas lutter contre le changement climatique. Ils exercent au contraire des pressions pour que soient mises en oeuvre de soi-disant solutions qui leur permettraient de continuer à polluer comme si de rien n’était.

Pendant ce temps, l’habitat océanique de la sirène se réchauffe et le niveau des mers s’élève. Les barrières de corail sont détruites à mesure que l’acidité des océans augmente. Et des milliers de personnes, dans certaines zones parmi les plus pauvres du monde, risquent de perdre leurs logis situés sur les côtes dont l’altitude se trouve en-dessous du niveau de la mer, à mesure que les inondations et orages violents deviennent plus fréquents.

La sirène était tellement en colère qu’elle décida que les multinationales coupables devaient être stoppées. Mais sur lesquelles fallait-il jeter le blâme ? Où qu’elle se tourne, elle ne voyait qu’hommes d’affaires ambitieux, exerçant des pressions sur les ministres des gouvernements et sur les négociateurs – parfois installés à la même table, partageant leurs repas, buvant des vins fins. Les entrepreneurs en costards-cravates semblaient prétendre ne plus se soucier d’engranger du profit et être prêts à sauver le monde.

La sirène en colère décida donc d’inaugurer un prix – qui porterait son nom – pour souligner à quel point les lobbyistes des multinationales rivalisaient de machinations afin de saboter toute action visant à sauver le climat.

Elle demanda à des personnes de sa connaissance si elles pouvaient lui indiquer quelles entreprises étaient le plus actives dans leur travail de sape de l’action climatique, et elle décida de publier une liste des candidats sélectionnés et d’organiser un vote du public.

Elle reçut de nombreuses suggestions provenant du monde entier. Certaines d’entres elles se référaient à des noms qu’elle n’avait jamais entendu mentionner auparavant. Mais lorsqu’elle mena son enquête, elle découvrit que c’étaient là certaines des personnes assises autour de la table et discutant avec les négociateurs.

La sirène en colère demanda à ATTAC Denmark, Corporate Europe Observatory, aux Friends of the Earth International, à Focus on the Global South, à Oilchange International ainsi qu’a Spinwatch de l’aider à décider quelles suggestions devaient être incluses à la liste des candidats. Ils évaluèrent les pièces à conviction, et la liste fut réduite à huit candidats.

Puis la sirène en colère demanda à ses amis de publier la liste des candidats sur un site web, et de proposer au public de choisir quel candidat méritait de recevoir ce prix.

Ceci est le site web de la sirène en colère. Merci de voter pour le candidat qui, selon vous, s’est efforcé de la façon la plus nette de saboter toute action efficace de lutte contre le changement climatique.